▲ Ils n’auront pas ma vie.

Bonjour la planète..

Je devais vous publier un article d’une nouvelle catégorie qu’il me tardait de vous présenter. Au vue des événements qui se sont produits en France, à Paris, je n’ai pas pu me résoudre à le publier… Au lieu de cela, j’ai eu besoin, comme beaucoup d’entre nous je pense, de m’exprimer au sujet de ce qui s’est passé. Je ne peux pas rester muette.

Alors pour Paris et ses victimes, c’est parti.

Paris, 13 novembre 2015, hommage et soutien
© Virée dans l’espace

« Il y a des attentats à Paris.« 

Je crois que je me rappellerais le moment où j’ai appris qu’il se passait quelque chose d’anormal à Paris.

J’étais chez des amis, nous commencions à jouer à un jeu de cartes lorsque l’un d’entre eux nous a dit « Il y a des attentats à Paris. » … « Quoi ? Comment ça DES attentats ? » … Cela m’avait fait l’effet d’une bombe. Le souffle coupé, j’avais peur de respirer de nouveau. « Où ? Comment ? Par qui ? Pourquoi ? » Les questions fusaient, jusqu’à cette inquiétude viscérale : et s’il y avait des personnes que je connaissais ? Je n’ai pas pu résisté : il fallait que je me renseigne sur internet.

C’est là que j’ai découvert le drame.

Et là, devant mon portable, en lisant les différentes articles de journaux et en essayant de recouper les informations, mon cerveau s’était de lui-même déconnecté du monde réel. Comment des gens pouvaient-ils faire ça ? Comment aujourd’hui, en 2015, en France, pouvait-on laisser faire ça ? Et pendant que je m’interrogeais, je tombai sur un témoignage de Bfm. J’ai hésite à l’écouter. Une curiosité malsaine, une envie de comprendre l’enfer, allez savoir. J’ai cliqué. Un fils et sa mère, au Bataclan… La guerre. Ils décrivaient une scène de guerre.

Je n’ai pas pu écouter jusqu’au bout. La terreur dans la voix de cet homme m’avait fait comprendre l’horreur, m’avait fait voir cette scène. Des larmes ont alors coulé sur mes joies. Comment ? Pourquoi ? Et si ? … Je n’avais même pas eu le réflexe d’appeler mes copines qui pouvaient être sur Paris. A cet instant, je ne savais plus ce que je devais faire, comment réagir. Je me nourrissais de tous les articles que je pouvais trouver sur le net, comme une obsession.

C’est le cœur serré et l’âme en peine que je suis partie me coucher. Il était hors de question que je retourne sur Paris.

Paris, 13 novembre 2015

« Nous sommes en guerre.« 

L’horrible nuit était passé. Le sommeil avait été légé. Je ne cessais de penser à ces pauvres gens, l’horreur qu’ils avaient vécu, les cris, les larmes, le désespoir… Je me suis même imaginée le regard que leur avaient lancé ces monstres.

Le lendemain, les réseaux sociaux s’étaient parés des couleurs de la France et sonnaient de #PrayForParis.Et au même moment, les journaux brandissaient le mot « guerre » sur leur Une : La France en guerre. En guerre ?

Il était difficile de croire que la France était en guerre contre un Etat qui n’existe pas, qui est quasiment invisible. Ce n’est que plus tard que j’ai pris conscience que, effectivement, nous étions en guerre. Alors que je me rendais pour faire mon passeport, je vis plusieurs camions de militaires traverser la route. Là, à cet instant, j’ai compris. J’avais l’impression d’être dans les années 40.

Dans ce climat de tension, de peur, de rumeurs, je m’étais dit que je ne viendrais pas en cours cet après-midi. Faire comme si de rien n’était ? C’était donc ça qu’il fallait faire ? Retourner à ces petites occupations comme s’il ne s’était rien passé, comme si je n’avais pas peur.

C’est faux. J’ai peur.

« Ils n’auront pas ma vie.« 

Et pourtant, je suis allée à l’université. Pour quelles raisons ? Comment mieux combattre l’obscurantisme, l’ignorance que d’aller à l’université pour apprendre ?!

Comme je m’y attendais, nous avons parlé de ce qui s’est passé. Certaines disaient qu’elles ne voulaient plus sortir de chez elles, ni aller boire un verre… Qu’elles vivaient dans la peur. Alors oui, ces monstres s’en sont pris à des lieux de plaisirs, cela voudrait donc dire que nous ne pouvons plus vivre ?

Je ne suis pas d’accord. Ils n’auront pas ma vie.

Je veux pouvoir continuer de sortir, d’aller boire un verre à une terrasse, de me détendre dans un beau resto japonais… Tout simplement, de profiter de la vie qui m’a été donnée. Non. Je ne m’arrêterais pas de vivre. Tout ça, j’avais envie de le crier à la figure de ces filles qui ont peur. Mais j’ai préféré ne rien dire. Je me suis tue et je suis partie. Je ne voulais pas qu’elles me nourrissent de leur peur.

Oui, j’ai peur, mais je refuse qu’ils me contrôlent. Ils ne me contrôleront pas. Je ne leur ferais pas ce plaisir. Je veux vivre.

Paris je veux vivre

« Ce ne sont pas des musulmans, ce sont des monstres.« 

Je terminerais par l’incroyable paradoxe des réseaux sociaux : entre la solidarité et la b^étise humaine. Entre des hommes et des femmes qui se soutiennent, contre d’autres qui ne font qu’attiser la haine et le mépris.

Pourquoi ? Pourquoi faites-vous ça ? Ne pensez vous pas qu’il y autre chose à faire que de cracher votre venin ? Non. Je ne vous comprends pas. Et je ne sais ce qui me retiens de vous en mettre une pour recoller vos idées. Dites moi comment vous en pouvez pas aborder les couleurs du drapeau français ? Comment pouvez vous dire que c’est bien de notre faute s’ils ont frappés, que tout ça était prévisible, que nous n’aurions pas du intervenir, que ce sont les migrants qui ont causé tout cela, que c’est triste mais normal…

Alors s’il te plait, toi, lecteur, ne tombe pas dans les amalgames. Et encore plus, ouvre les yeux et ne crois pas tout ce qu’on te dit. Non, les réseaux sociaux ne sont pas toujours de bonnes sources d’information. Ne te nourris pas de la peur.  Bats toi pour l’unité, pour la solidarité, pour toi. Aujourd’hui, il est plus important encore de faire attention à son prochain, de combattre les ignorants et de leur apprendre la tolérance.

Comme je l’ai dit sur Instagram, restons unis : ce ne sont pas des musulmans, ce sont des monstres.

 

Et vous, allez-vous vivre dans la peur ?

 

Au revoir la planète…

Sans titre

 


Pour boire un coup ensemble c’est par ici !

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8 commentaires

  1. évidemment rien en sera plus jamais comme avant, en tant que maman je tremblerai pour mes enfants, ça sera peut être difficile pendant quelques temps de sortir sans avoir une pointe d’appréhension… Mais il va falloir combattre ça aussi…
    bizzz

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  2. Ces monstres n’attendent que ça, que l’on vive dans la peur ! Je continuerais à aller boire un verre en terrasse, à aller danser devant la scène d’un concert de rock, à aller supporter mon équipe de foot préférée.
    Encore un très joli article que tu nous a écrit !

    Marion M.

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  3. Je débarque un peu en retard mais je viens de lire cet article qui me touche beaucoup ! J’ai vécu les attentats en direct de San Francisco ; je venais d’entrer en cours (c’était le début d’après midi) et je ne sais pas pourquoi, je regarde les actus sur mon portable : des attentats. Des explosions au Stade de France. Des fusillades. La confusion. Le Bataclan. C’était très particulier de vivre ça de loin ; j’aurai aimé être là, auprès de mes proches, bien que je n’aurai pas été plus utile à Paris qu’ici. C’était dur à réaliser, malgré les rassemblements de soutien qu’on a eu ici. Et aujourd’hui je me baladais et je suis tombée sur un drapeau français à une fenêtre. Encore un. C’est fou de voir à quel point les gens ont été touchés jusqu’ici (français et américains !). J’appréhende presque mon retour en France, ce sera comme prendre la réalité en pleine tronche !
    Mais comme toi, je continuerai à vivre, et encore plus fort ! Une de mes copines a été blessée au Bataclan et me répète que « dès qu’elle pourra lever son bras, elle retournera à des concerts ». Moi c’est prévu la semaine de mon retour 😉 et plutôt deux fois qu’une ! Parce que sinon, ça veut dire qu’ils ont gagné, et ça, c’est pas possible.

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    • Ce n’est pas grave d’arriver après la bataille. Les faits n’en restent pas moins importants.
      Je comprends tout à fait ton état : vivre cet événement de loin a du être difficile. Si tu avais été à Paris à ce moment tu n’aurais pas servi à rien, tu aurais rassurer ton entourage. 🙂 Ton amie a eu beaucoup de chance et je suis heureuse qu’elle veuille retourner à un concert. Elle a beaucoup de force et de courage. Plein de bonheur pour toi. Quand rentres tu en France ? 🙂

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