▲ Portrait : Quand je serai grande, je deviendrai Gendarme Maman.

Bonjour la planète !

Il y a un mois, je vous parlais de ce projet qui tournait dans ma tête (à relire ici en détail) : présenter une fois par mois, sous forme de portrait, d’interview, un métier, des études…

C’est donc avec grand plaisir que j’ai reçu vos messages. Je ne vous ai pas encore répondu mais ne vous inquiétez pas je le ferais ! Je suis juste très longue à répondre… Aujourd’hui, c’est Sarah, du blog In Marin’s Head, qui a bien voulu répondre à mes questions. Je me suis concentrée sur son envie d’être gendarme et son parcours pour y arriver. Je laisse Sarah prendre le relais !

Vous êtes bien installés ? C‘est parti !

Portrait professionnel comment devenir gendarme

« C’est un rêve de gosse qui m’a toujours poursuivi et que j’ai appris à connaître  » – Sarah *

Qui es-tu Sarah ? Une fille à multiples facettes

Tout d’abord, merci à toi Laura, d’avoir accepté de me poser ces questions quant à mon univers professionnel. Et puis, bonjour à vous, les lecteurs de Virée dans l’Espace. Faisons un peu connaissance. Je me prénomme Sarah et j’aborde les 23 ans. Je suis aussi l’auteure du blog In Marin’s head, sous le pseudonyme « Marin ». Je viens squatter la planète de Laura pour vous parler un peu de mes études, mais surtout, de mes ambitions professionnelles. Rentrons dès à présent dans le vif du sujet.

Ayant brillamment (il faut se faire des fleurs !) passé les étapes du Brevet et du Baccalauréat, je me suis inscrite à la Faculté de Droit. Après quelques déconvenues, me voici aujourd’hui occupant un poste danimatrice pour les activités périscolaires au sein des écoles primaires de ma ville natale. A côté de cet emploi civil, je suis gendarme réserviste (hé oui, un uniforme côtoie mes habits de tous les jours dans ma penderie). Ce n’est pas anodin puisque j’ai pour objectif de faire carrière au sein de la Gendarmerie.

Hooouupf ça me fait tout drôle de parler (ouais bon « écrire ») à propos de la Gendarmerie, de mon statut militaire du fait d’être réserviste. En général, je suis assez discrète sur cette facette de mon parcours professionnel. Cependant, ça me fait énormément plaisir de partager cela avec vous. Je suis véritablement honorée d’avoir la parole pour vous dessiner les contours de cette vocation qui m’anime un peu plus chaque jour.

Devenir gendarme : un rêve, une envie, une voie innée.

Pour être franche, je ne sais pas exactement d’où m’est venue cette idée de devenir gendarme. Peut-être que ça vient des fois, quand avec ma mère nous allions chercher mon frère au collège. J’étais encore pas bien grande. Il arrivait que des motards de la Gendarmerie viennent faire des contrôles sur la place où nous nous garions. Je n’étais pas du genre discrète, et puis, ce n’est pas ma faute, j’ai toujours adoré leur uniforme bleu ciel. Lorsque nous passions à leurs côtés, dans un grand élan, je disais : « Qu’est-ce-qu’ils sont beaaaauux les gendaaarmeees ! ». Ça les faisait rire.

Autre anecdote : je n’étais encore qu’une minuscule petite créature. Avec mes parents, alors que nous étions en vacances à Meschers, je me suis prise une poubelle en pleine poire. En tant normal, c’est Papa ou Maman qui vient consoler sa progéniture. Et bien pas chez moi ! Là, c’est un gendarme qui est venu sécher mes larmes de crocodiles.

Enfin tout ça pour dire, que je n’ai toujours pas d’explication quant au fait de vouloir porter l’uniforme. C’est peut-être le genre de truc pour lequel on dirait que « c’est inné ». En tout cas, c’est un rêve de gosse qui m’a toujours poursuivi et que j’ai appris à connaître au fur et à mesure que je grandissais (avec les études, les rencontres que j’ai pu faire, mes recherches, et puis aujourd’hui avec le fait que je sois réserviste).

« En général, je suis assez discrète sur cette facette de mon parcours professionnel. » – Sarah

Devenir gendarme déguisement garde à vous

Deux emplois du temps : s’organiser pour passer le concours de sous-officier.

Côté organisation, je n’ai pas à me plaindre. La réserve est totalement volontaire, et comme je l’ai dis plus haut, elle fonctionne selon les disponibilités des personnels issus du civil. Ainsi (hormis les jours où je travaille aux écoles) je peux envoyer mes disponibilités à la cellule réserve. Comme ils savent que je suis à la recherche d’un emploi stable et que, j’ai du temps libre, ils s’arrangent pour me donner pas mal de services. C’est très sympa parce que ça me permet parfois de travailler quasiment tous les jours, de voir du monde, de ne pas faire les mêmes choses d’un jour à l’autre. Et puis : ça met du beurre dans les épinards ! A noter : la solde (paye) n’est pas imposable.

La flexibilité de mon emploi du temps me permet de plancher pour préparer le concours de sous-officier. Ainsi, je peux passer tout un après-midi à réviser les annales (contre une petite soirée, si j’étais encore à la fac ou si j’avais un CDI). Pour parler du concours, celui-ci se décline en plusieurs épreuves : de l’écrit, du sport et des entretiens oraux. Il faut travailler, s’entraîner pour essayer d’être le meilleur. Lorsque l’on a la chance de réussir ce concours, on est alors admis pour intégrer l’école de Gendarmerie pendant 10 mois (dont deux sur le terrain). Actuellement, il faut attendre entre un et deux ans avant de pouvoir être intégré en école. C’est très long, donc, vous comprendrez pourquoi je recherche un travail stable. Même si l’on est admis, selon l’évolution de sa propre situation personnelle, il est évidemment possible de refuser l’intégration en école.

Du coup, faire des études est-ce indispensable ?

Effectivement, une fois le Bac Littéraire en poche (en 2010), je me suis inscrite à la Fac de Droit. Tout d’abord, j’ai fait ce choix, non pas obligation, mais parce que je me trouvais encore trop jeune pour passer quelconque concours. Il faut dire aussi que j’avais bien envie de poursuivre mes études. Le Droit étant la seule branche intéressante à mes yeux, j’ai sauté le pas.

Au départ, je visais le Master 2 pour m’ouvrir plus de portes quant aux concours. En effet, pour certains, il est obligatoire de posséder ce précieux sésame. A ce titre, j’aurais pu tenter celui d’officier de Gendarmerie. Outre cet aspect là, faire du Droit était pour moi l’occasion de découvrir les procédures civiles et pénales. Des matières qui sont tout le temps utilisées dans le métier que je convoite.

Malheureusement, je n’ai pas continué ma Licencedonc le Master : CIAO CIAO ! Pour résumer, j’avais redoublé ma première année. « Ce sont des choses qui arrivent tout le temps », me disait-on. M’étant lourdement cassée la gueule, j’ai remonté la pente pour refaire une nouvelle première année. J’ai travaillé encore plus et je suis passée en deuxième année. Là j’ai triplé mes efforts en bossant plus que de nature. Mais bon…je ne sais pas si c’est ma tête qui ne leur revenait pas : je n’ai pas validé mes deux semestres, malgré les rattrapages. Cette fois, je n’ai pas cherché à lutter, ma motivation s’étant envolée. Je me suis dit qu’il valait mieux que je trouve un travail et que je prépare mes concours.

Devenir gendarme avec mon chien Athéna

Il arrive que les cours me manquent. Il est vrai que même si le Droit nécessite énormément de travail, de temps, d’investissement, j’ai adoré mes années de Fac. C’est une expérience enrichissante. Cela m’a permis de m’affirmer davantage et d’être encore plus autonome. Je ne regrette cependant pas d’avoir dit merde à la mentalité qui règne dans le milieu universitaire et aux profs qui se prennent pour le nombril du monde (oui, je vous assure, en deuxième année j’ai fait face à de sacrés cons).

Etre volontaire, devenir gendarme réserviste. En quoi ça consiste ?

Depuis Juillet 2013, je revêts l’uniforme en tant que gendarme réserviste. Je voulais faire ce « métier basé sur le volontariat » depuis mes 17/18 ans, sauf qu’il y avait un critère de taille, soit 1m60 pour les filles (aujourd’hui abolit). Ne faisant qu’1m59, je n’ai pas pu constituer mon dossier d’inscription (VDM, déception et j’en passe) dans l’immédiat. Puis le temps à passé, je suis entrée à la Fac, l’été je travaillais…donc pas vraiment le temps de penser à autre chose. Finalement fin 2012, j’ai déterré ce projet. Autant vous dire que je ne regrette pas du tout mon choix car depuis que j’ai mis un pied dans cet univers, mes projets projets professionnels se sont scellés. Du moins, si je ne vais pas au bout de mes rêves, je suis certaines d’avoir beaucoup trop de regrets.

FAIRE LA PMG – Pour devenir réserviste il m’a fallu effectuer la Préparation Militaire Gendarmerie (PMG). Fin 2012, j’ai constitué un dossier auprès de la brigade de ma ville natale (on peut aussi aller dans un Centre d’Information et de Recrutement – CIR). Je l’ai ensuite bouclé directement au groupement de Gendarmerie de mon département avec l’un des responsables de la cellule réserve. Cela a été très rapide : nous avons vérifié si toutes les informations étaient exactes, puis j’ai eu droit à quelques questions quant à mes motivations. Au mois de Mars 2013, j’ai passé une visite médicale pour confirmer mon aptitude à faire la PMG. Quelques mois plus tard, j’ai reçu LA convocation indiquant les dates du « stage militaire » et quelques autres formalités.

C’est ainsi que du 15 au 26 Juillet 2013, je me suis retrouvée, avec 500 autres volontaires, au Centre National d’Entraînement des Forces de Gendarmerie (CNEFG) à Saint Astier (Dordogne). Nous avons des cours théoriques (apprendre les grades, les techniques d’accueil, faire des comptes rendus, etc) et des cours pratiques (intervention professionnelle, police de la route, etc). A l’issue de ces deux semaines, nos familles ont été invitées pour assister à la cérémonie de remise de nos brevets. J’ai été si fière de défiler devant ma famille, d’autant plus que mon frère a été gendarme. C’est un moment très émouvant, puis on sait que l’on doit quitter les camarades…Alors OUI, on pleure beaucoup ! Cependant, ça reste des souvenirs indélébiles.

A noter : depuis 2014, la sélection de candidats a changé. Il y a notamment des entretiens et des tests. De plus, tout le monde ne peut pas devenir réserviste. Les tests psychotechniques, les entretiens, la visite médicale et les notations durant la PMG permettent d’évaluer le niveau des volontaires et de les recaler si besoin est. C’est comme pour beaucoup de métiers, soit on est fait pour, soit on ne l’est pas. Chaque année il y a une instruction (tir, secourisme, police route, etc) et tous les deux ans, une visite médicale. Si un réserviste tente de se soustraire à cela, il ne sort plus en brigade et son contrat peut ne pas être reconduit.

devenir gendarme "Are you talking to me ?"

EN BRIGADE – En tant que réserviste, je me dois d’effectuer tant de services en brigade par an. Pour cela, j’ai un planning informatisé (via un Intranet) où je dois valider mes disponibilités. En fonction de ces dernières, la cellule réserve envoi des convocations pour tel jour afin de me rendre dans telle brigade selon certains créneaux horaires. En général, les réservistes sont envoyés à proximité de leur domicile (oui, on se déplace avec notre propre véhicule). D’un service à l’autre, le travail n’est quasiment jamais le même. Il faut bien se mettre en tête qu’un réserviste ne fait pas LE travail du personnel actif (*)…mais cela peut varier selon les régions. Toujours est-il que l’on ne fait pas de procédures par exemple. Au quotidien, nous faisons de la police de la route (les contrôles au bord des voies de circulation qui font rager les automobilistes), de la surveillance générale (lutte anti-cambriolage, surveillance à proximité des commerces et habitations, etc). Nous sommes amenés à nous rendre sur des accidents, des découvertes de cadavres…Et toutes les situations que l’on rencontre au quotidien. Pour la note glamour, depuis 2013, j’ai deux cadavres à mon actif (un crash d’avion et une mort naturelle un peu bête).

J’oublie peut-être des détails quant à la formation ou le travail avec les actifs. De ce fait, si vous avez la moindre question, n’hésitez pas à me contacter soit par commentaire ou directement sur mon blog (pour une réponse plus rapide).

« Si je ne vais pas au bout de mes rêves, je suis certaines d’avoir beaucoup trop de regrets. » – Sarah

(*) Etre volontaire ou sous-officier ? Qu’est ce que ça change ?

La différence est toute simple. Un réserviste est une personne, issue du civil, placée sous le statut militaire et exerçant ponctuellement des missions de sécurité et de protection. Une fois que l’on a fini le service on retourne à nos moutons et le lendemain on redevient boucher, postier, étudiant, chômeur, etc. Un sous-officier, déjà, c’est une classe de grades (de gendarme à major). Plus largement, les sous-officiers, tout comme les officiers ou militaires du rang, sont les personnels que l’on voit tout les jours avec l’uniforme. Ce sont les membres « permanents » de l’institution. Lorsqu’ils finissent à 18h ou même 19h, ils peuvent être rappelés à 1h du matin, puis à 3h.

Voilà pour ce qui est de mon futur travail (en tout cas, je croise les doigts pour arriver jusque là). J’espère ne pas vous avoir endormi, ni en avoir perdu en route. Sachez que s’il y a quelque chose que vous ne comprenez pas clairement, que vous avez la moindre question à propos d’un point que je n’aurais pas bien détaillé : contactez-moi. C’est avec grand plaisir que je vous répondrai et vous renseignerai.


Je ne remercierai jamais assez Sarah pour sa réponse très détaillée et très agréable à lire. Si toi aussi tu veux participer à ce projet, me parler de tes études, envoie moi un petit message en me précisant ton domaine à cette adresse : vireedanslespace[@]hotmail[.]fr

PS : Tu peux retrouver toutes les autres photos inédites sur la page facebook du blog !


Au revoir la planète !

Sans titre

 


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6 commentaires

  1. C’est vraiment sympa comme démarche… J’espère que ça permettra de découvrir d’autres métiers un peu ignorés ou qui ont une image « négative » 🙂

    Si tous les guides à destination des lycéens pouvaient présenter des témoignages aussi détaillés et « vrai » que celui-ci, ce serait cool 🙂

    Bravo pour l’initiative, en tout cas!

    J'aime

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